L’objectif de cet article est de faire le point le champ de la recherche académique en microfinance afin de mieux appréhender les facteurs susceptibles de favoriser le développement des microcrédits face à la crise financière. Nous démontrons que si l’idée de base de la microfinance est relativement simple, la nature des mécanismes impliqués est complexe et nécessite à la fois un dépassement de l’opposition traditionnelle entre l’approche welfariste et l’approche institutionnaliste. La microfinance interpelle naturellement les économistes et les gestionnaires dans la mesure où l’une de ses finalités est de réduire la pauvreté et de contribuer au développement. La question de l’impact de la microfinance sur la réduction de la pauvreté se révèle dès lors centrale (Le Roy et Robert, (1999) ; Hulme et Mosley, (1996) ; Gulli, (1998)). La réponse apportée à cette question a nécessairement des implications politiques, notamment en ce qui concerne une redéfinition possible des politiques d’aide au développement. Pour répondre à cette question, les banques doivent tenter de mettre en oeuvre des instruments de mesure fiables de cet impact. Il s’agit dès lors de définir non seulement quels sont les outils mobilisables mais également leurs conditions de mise en oeuvre. Mais pour comprendre la manière dont la microfinance peut contribuer au développement durable, encore faut-il dévoiler les mécanismes à l’œuvre dans les institutions de microfinance et le comportement des acteurs impliqués. Vu la crise financière, la plupart des banques et établissements de crédit sont davantage préoccupés par leurs problèmes de rentabilité. Seules des associations peuvent encore aider des personnes à lutter contre la pauvreté voire même créer leur microentreprise.
Dans un premier temps, après avoir défini le principe de la microfinance, les deux principales visions théoriques opposées sur les moyens à mettre en oeuvre en vue de réduire la pauvreté, sont présentées. Il s’agit de la vision institutionnaliste et de la vision du bien-être social. L’opposition entre ces deux visions est désignée par Morduch (2000) comme le schisme de la microfinance dans la mesure où ces deux approches proposent une vision différente de ce qui devraient être les priorités et la fonction des institutions de microfinance (Woller, Dunford et Woodworth, 1999). L’approche institutionnaliste et l’approche welfariste s’opposent sur la question de la viabilité financière des institutions financières et sur la portée sociale des financements octroyés. Dans la deuxième partie, est abordée une association caritative internationale pratiquant le microcrédit. Les procédures d’obtention de crédit de cette association internationale seront détaillées avec la présentation de dossiers individuels (prêt remboursement de dette, pour l’aide d’un emploi ou la création d’une microentreprise).